La Dermite estivale et la couverture Boett:
Questions/Réponses

Ci-dessous les questions les plus fréquemment posées en 2005


Q. Si le cheval est déplacé dans un endroit plus " anti-moucheron " (plus ouvert, avec moins de végétation décomposée ou des sols moins humides), est ce-que la maladie va guérir ?
R. En général non, mais la maladie peut être atténuée. Une fois atteint, le cheval est malheureusement condamné pour toute sa vie.

Q. Est-ce que le problème de la maladie est lié à un parasite interne ?
R. Non ! La maladie de la dermite estivale est une allergie déclenchée par une hypersensibilité à la salive des moucherons.

Q. Est-ce qu'il y a d'autres maladies cutanées dont les symptômes ressemblent à ceux de la dermite estivale ?
R. Oui, car en fait, la dermite estivale est une maladie peu connue. Les démangeaisons de la queue peuvent être provoquées par des parasites internes, comme les vers ronds (Oxyuris equi) ou les acariens. Le cheval peut aussi subir des attaques de teignes, la dermatophilose, les poux, l'urticaire, la photosensibilisation ou tout simplement des piqûres de taons et dans tous les cas, le cheval se trouve irrité. La particularité de la dermite estivale est que le cheval se gratte à des endroits spécifiques du corps (crinière, queue, tête, ligne de ventre, garrot, hanches et membres) du printemps jusqu'à l'automne, et ceci d'année en année une fois la maladie déclarée.
Votre vétérinaire peut vous conseiller.

Q. Est-ce que la maladie est contagieuse ?
R. Non, la maladie n'est pas transmissible. Mais le problème peut être observé chez plusieurs chevaux dans le même pâturage si le nombre de moucherons est élevé.

Q. Est-ce qu'il vaut mieux tondre la crinière du cheval souffrant de la dermite estivale ?
R. Oui et non ! Il est vrai que l'application de produits de traitements est plus facile avec une crinière coupée. Le problème est que, par la suite, les moucherons sont moins gênés pour piquer le cheval. Si le cheval porte une couverture il n'y a aucun besoin de tondre la crinière.

Q. Est ce que la dermite estivale est un vice rédhibitoire ?
R. Non. En France vous n'avez aucun recours contre le vendeur d'un animal atteint de cette maladie. Sachez toutefois qu'un cheval peut arriver en bonne santé et contracter la maladie par la suite.

Q. La dermite estivale (ou la dermatite estivale) est-elle héréditaire?
R. Le Dr GREAVES, de la National Sweet Itch Help Line (SOS Dermite Estivale) répond à cette question:

C'est une question maintes fois posée par les éleveurs et propriétaires de chevaux. La réponse est, malheureusement, complexe, car la raison pour laquelle les équidés développent la dermite estivale (DE) est loin d'être pleinement comprise.
Il ne fait aucun doute que, contrairement à d'autres animaux domestiques qui sont, eux-aussi, piqués par les moucherons sans effets pathologiques apparents, les membres de l'espèce équine peuvent développer une réaction allergique aux protéines contenues dans la salive des moucherons. On peut faire l'hypothèse que TOUS les équidés possèdent les gènes qui peuvent permettre à la dermite estivale de se développer à un moment de leur vie.

Les informations recueillies auprès de milliers de propriétaires de chevaux souffrant de DE par SOS Dermite Estivale laissent penser que les chevaux, poneys et ânes peuvent développer l'allergie à tout âge, entre six semaines et trente ans, et qu'il existe un effet catalyse. Les quantités de moucherons sont très significatives, et si le système immunitaire d'un cheval est soudainement mis à l'épreuve d'une augmentation drastique de la quantité de moucherons piquants, cela suffira souvent à provoquer une réaction en chaîne qui se termine par l'apparition des symptômes de la DE. Le stress semble aussi être impliqué dans l'affaire, aussi n'est-il pas surprenant que bon nombre de chevaux commencent à montrer les signes de la DE après avoir été vendus et être arrivés dans une nouvelle maison.
L'environnement du cheval peut éventuellement se révéler plus significatif que le pedigree en ce qui concerne cette allergie. Il va de soi qu'il existe des écuries, des élevages, des centres équestres ou des pâtures où se tiennent des chevaux qui comptent un nombre de sujets souffrant de la DE supérieur à la moyenne, alors qu'à quelques kilomètres de là, peut-être, une population équine équivalente ne connaîtra aucun problème de DE. Dans le cas de pâturages ou de centres équestres, les individus n'ont souvent entre eux aucune relation et sont de races différentes. Dans les écuries d'élevage, en revanche, où n'est élevée qu'une seule race et où les liens familiaux sont importants, il pourrait paraître logique de penser que, dans le cas où plusieurs individus sont atteints de l'allergie, celle-ci serait 'dans le sang' et par conséquent héréditaire.
Toutefois, s'il y a de nombreux exemples d'animaux de la même ligne sanguine, présents dans l'élevage qui développent la DE, il en est d'autres qui ont été vendus, ont changé d'écurie et n'ont jamais montré les symptômes de la maladie.
On constate fréquemment que l'environnement de tous ces chevaux atteints de la DE compte un nombre significatif de moucherons.
Plus compliqué encore: il y a certaines races qui semblent souffrir plus que d'autres de la DE, et spécialement quand le facteur génétique est limité. En réalité, il est très difficile pour le moment de déterminer le facteur d'hérédité, sans pouvoir poursuivre la recherche sur un nombre significatif d'équidés concentrés dans un même environnement. Une telle recherche nécessiterait la réunion de plusieurs milliers d'animaux pour que nous soyons à même d'arriver à des preuves concluantes.
Jusqu'à ce que nous en sachions davantage sur cette allergie irritante, l'élevage de race demeurera une 'loterie'. Choisir des lignées qui semblent exemptes ne signifie, malheureusement, pas se garantir contre l'apparition de la dermite estivale.


 

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